Deviens acteur de changement / Maîtriser le sujet

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Aujourd’hui nous sommes nombreux à remettre en question le mode développement de notre société, axé sur la seule croissance économique et qui porte atteinte à l’environnement et relègue la majorité de l’humanité dans la pauvreté.

Ces prises de consciences mènent dans bien des cas à la création de mouvements et ces mouvements au passage à l’action : lois, entreprises à vocation sociale/environnementale, initiatives citoyennes, projets associatifs, etc. 

Nous pensons que pour éviter que la logique actuelle ne se perpétue, il est important de savoir poser un regard critique sur les différentes initiatives mise en place et donc de comprendre les logiques sous-jacentes.

Les concepts que nous expliquons ci-dessous sont traités dans un contexte québecois. Il faut savoir que ces concepts évoluent de manière distincte selon le pays/la province dans laquelle on se situe.

Économie sociale (et solidaire)

L’économie sociale est un mouvement international qui vise à démocratiser l’économie en redonnant plus de place et de pouvoir aux usagers, aux travailleurs et plus largement à la collectivité dans celle-ci.

Elle existe au Québec depuis la fin du 19e siècle, et a été reconnu en 2013 par une loi cadre (ici), et regroupe l’ensemble des activités et organismes issus de l’entrepreneuriat collectif (OBNL, coopératives ou mutuelles) qui :
◆ combinent à la fois une mission sociale et une activité marchande
◆ intègrent dans leurs statuts et leurs façons de faire une gouvernance démocratique

Leur finalité est de servir d’abord leurs membres et la collectivité et non de faire croître leur capital.

Économie collaborative (Économie de partage)

Traduction littérale de sharing economy.

Depuis quelques années, de nouveaux acteurs transforment notre paysage économique. Ceux-ci nous poussent à explorer de nouveaux modes de consommation (alimentation, transport, hébergement) et de production (Wikis, Fablabs, espace de travail) et plus généralement d’interactions économiques et financières (systèmes d’échanges locaux, financement participatif, monnaies alternatives).

On parle ici d’économie du partage ou collaborative, d’économie de la fonctionnalité, d’économie numérique, d’économie des communs, de données ouvertes ou encore de système pair-à-pair.

Certains parlent de révolution, d’autres y voient un simple baume technologique sur des pratiques économiques ancestrales.

Attention /!\ Les entreprises surfant sur la vague de l’économie collaborative n’ont pas forcément de vocation sociale ou collective, ni de fonctionnement participatif ou coopératif. C’est pourquoi on peut faire la distinction entre les entreprises issues de l’économie collaborative capitaliste et de l’économie collaborative coopérative, en utilisant comme critères de différenciation la forme juridique, les modes de propriété et de gouvernance et la finalité du projet d’entreprise !

Article CHNGR « La jungle lexicale des transformations de l’économie : PARTIE 1 L’économie collaborative ou de partage »

Économie circulaire

Le modèle économique classique base la production de richesse sur la destruction de ressources : 

modèle linéaire : extraction → production → consommation → déchets

L’économie circulaire a donc été pensé pour contrecarrer ce gaspillage de matières premières et d’énergies non renouvelables et pour favoriser la collaboration entre différents acteurs complémentaires. Cette économie est dite “circulaire” puisqu’un des objectifs est de recycler les déchets en matière première, par conséquent une grande emphase est mise sur l’éco-conception ainsi que sur les stratégies de production et de récupération.

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source : http://instituteddec.org/themes/economie-circulaire/

Définition au Québec :
« Système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités.» 
Institut EDDEC 

Économie plurielle

L’économie plurielle fait référence aux 3 piliers sur lesquels l’économie doit reposer pour pouvoir être équilibrée :

◆ le secteur privé (des entreprises responsables)
◆ le secteur public (des gouvernements respectés)
◆ le secteur collectif (des initiatives citoyennes et associatives reconnues).

Entrepreneuriat collectif (Entreprise d’économie sociale)

L’entrepreneuriat collectif se matérialise sous la forme d’entreprise à propriété collective et à gestion démocratique. C’est-à-dire que les entreprises, créées par au minimum 3 entrepreneurs (5 dans certains cas) n’appartiennent pas aux fondateurs mais à ses membres. Leur mode de gestion (dont la prise de décisions) est défini dans les règlements généraux.

Statuts juridiques possibles :
◆ Coopérative (de travailleurs, de solidarité, d’usagers ou de consommateurs, de producteurs, de travailleurs actionnaires)
◆ Personne morale sans but lucratif (organisme à but non lucratif – OBNL) avec activités marchandes
◆ Mutuelles

Les entreprises collectives doivent respecter des principes et des règles de fonctionnement précis (que nous avons expliqués dans notre BD «Quossé ça?»).
1° RÉPONDRE À UN BESOIN (SOCIAL, ENVIRONNEMENTAL, CULTUREL) épisode 1
2° AUTONOMIE DE GESTION épisode 2
3° PROPRIÉTÉ ET GESTION COLLECTIVE épisode 3
4° RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE épisode 4
5° REDISTRIBUTION DES SURPLUS épisode 5 

OUTILS :
Pour vérifier le statut juridique d’une entreprise 
Pour découvrir les entreprises d’économie sociale à Montréal

Entrepreneuriat social (Entreprise sociale)

À l’heure actuelle, la communauté des entrepreneurs sociaux tentent de définir les frontières qui permettront de distinguer les vrais entrepreneurs sociaux, des entrepreneurs qui surfent sur la vague du «social-washing». Contrairement à l’entrepreneuriat collectif aucune balise/réglementation/loi n’encadrent le fonctionnement de ces entreprises.

Cependant, nous pouvons rapprocher l’entrepreneuriat social :

DANS SON FOND, à l’entrepreneuriat collectif :
La mission (sociale, environnementale ou culturelle) est au coeur des préoccupations des entrepreneurs sociaux et ils s’entendent sur le fait que le profit n’est pas l’unique but à atteindre.

DANS SA FORME, à l’entrepreneuriat classique :
Étant donné qu’il n’y a pas de statut juridique propre à l’entreprise sociale, elle peut être enregistrée en tant que :
◆ Société par actions (SPA) ou personne morale à but lucratif
◆ Entreprise individuelle

Social business (Yunus)

C’est au sein du Yunus Social Business (YSB), un laboratoire/incubateur/accélérateur, basé aux Balkans, Brésil, Colombie, Haïti, Inde,Tunisie et Ouganda, que les social businesses sont développées.

Dans des contextes de pays émergents, ces entreprises se consacrent à répondre aux problèmes de pauvreté tout en étant rentables (autonomie financière). Ce modèle, pensé par Mohammad Yunus, se rapproche de l’entrepreneuriat social, à l’exception que les profits doivent intégralement être réinvestis dans l’entreprise, ceci dans le but d’avoir un plus grand impact social.

Le social business n’est donc pas relié à l’idée de générer un profit personnel, mais plutôt à celle de générer un bénéfice collectif, ce qui permet de se dédier à la résolution de problèmes sociaux et de lutter collectivement contre la pauvreté.

Certification B Corp (Entreprise certifiée B-Corp)

La certification B Corp (aussi connue sous le nom de la certification B Lab) est :
◆ créée par l’organisation internationale à but non lucratif : B Lab
◆ une certification privée, non reconnue par l’État, délivrée aux entreprises à but lucratif (à ne pas confondre avec benefit corporation, un statut juridique pour les entreprises privées qui est reconnu dans 30 états américains).
◆ basée sur un système de score à atteindre en terme de « performance sociale et environnementale »
◆ payante, entre 500$ et 50 000$ par an selon le chiffre d’affaire de l’entreprise

En avril 2016, il y avait 1704 « entreprises certifiées B Corp » dans 130 secteurs d’activités à travers 50 pays.
Afin de vous faire votre propre opinion sur les avantages et les désavantages de cette certification, consultez ce lien.

Innovation sociale

Une innovation sociale est une nouvelle façon de répondre à un besoin social. Elle doit faire preuve de créativité et amener une rupture avec l’existant ! Concrètement il peut s’agir d’une nouvelle idée, loi, approche ou encore un nouveau service, produit ou modèle d’organisation.

Ces innovations sont en fait des nouvelles solutions qui sont conçues collectivement par les acteurs concernés et qui donc prennent en compte le contexte local et culturel. Elles sont à la fois sociale dans leurs finalités et dans leurs moyens.

Par conséquent, elles répondent plus adéquatement et plus durablement que les solutions existantes au besoin social défini et elles trouvent plus facilement preneur au sein de l’institution/organisation/communauté dans laquelle elles sont implantées puisqu’elles produisent un bénéfice pour la collectivité.

Responsabilité sociale des entreprises (RSE)

Lorsqu’on parle de RSE, on fait souvent référence aux pratiques de gestion adoptées par les entreprises incorporées (privées). Il est évident que l’entreprise a, de facto, des responsabilités économiques et légales, mais sa responsabilité sociale reste “un ensemble de mesures volontaires”.

Lorsqu’une entreprise met en place une politique de RSE, cela signifie qu’elle a fait une analyse des intérêts des différents acteurs concernés, directement ou indirectement par ses activités, de façon positive ou négative (« externalités »). Ces acteurs sont appelés les “parties prenantes” : de l’investisseur à la communauté en passant par les employés, les consommateurs, les usagers, les fournisseurs, etc. Logiquement l’entreprise tentera d’adopter des pratiques afin d’augmenter ses impacts positifs et de diminuer ses impacts négatifs.

Parties prenantes - RSE

source : https://www.cairn.info/revue-des-sciences-de-gestion-2014-5-page-35.htm

La RSE fait débat ! Il est important de se questionner sur les raisons de l’implantation d’une politique de RSE au sein d’une entreprise : “social-washing”, mimétisme de la concurrence ou réelles bonnes intentions ? Reste que la mise en place d’une telle politique souligne le fait que l’impact social des activités des entreprises traditionnelles n’est pas naturellement pris en compte.

Développement Durable (DD)

Le Québec adopte, en 2006, une Loi sur le développement durable, proposant ainsi sa propre définition : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement. »

Concrètement, lutter contre l’émission de gaz à effet de serre, combattre la pauvreté ou encore valoriser l’économie sociale, sont toutes des actions qui répondent aux 3 objectifs du développement durable, qui sont :

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Maintenir l’intégrité de l’environnement : assurer la santé et la sécurité et préserver les écosystèmes;
Assurer l’équité sociale : épanouissement de toutes les femmes et de tous les hommes, essor des communautés et respect de la diversité;
Viser l’efficience économique : créer une économie innovante et prospère, écologiquement et socialement responsable.
Ministère du Développement Durable, Environnement et Lutte contre les changement climatiques 

 

Lien entre DD et RSE : La RSE est l’application totale ou partielle du DD par une entreprise (de 1 à 3 dimensions)

Voici quelques suggestions de blogues pour mieux comprendre le contexte ainsi que les enjeux sociaux et environnementaux actuels. Bonnes lectures et bonnes trouvailles, vous risquez d’en ressortir inspirés !

Bilingue :
Notre blogue : CHNGR
Notre chaîne Youtube : Youtube/CHNGR
Transformer Montréal en une ville plus inclusive, plus résiliente et plus innovante : Amplifier Montréal

Francophone :
Le magazine de l’économie sociale et solidaire au Québec : Echelle Humaine (podcast)
Le blog de l’action collective au Québec : Nous.blogue
Presse coopérative et indépendante : Journal Ensemble
Le média de l’économie positive et engagée : Novae.ca
Institut de recherche sans but lucratif indépendant et progressiste : IRIS

Anglophone :
Stanford social innovation review: SSIR
For the Latest in Community Change: Tamarack
The Centre for Community Organizations: COCO
Changing the way we change the world: Organization Unbound

Projets ailleurs (source d’inspiration) :
Paix, amour et initiatives qui vont dans le bon sens : Les Suricates (France)