GRADUATION COHORTE 2
Le témoignage de Pierre-Antoine

 Ambassadeur CHNGR à l’ÉTS (cohorte 1 et cohorte 2).

 

L’économie, une terre lointaine est inconnue que seules quelques personnes veulent se risquer à explorer. Personnellement il y a quelques années le voyage ne m’intéressait pas. Je l’imaginais semé d’embûches…de concurrence, de vols, de magouilles et autres obstacles qui ne me donnaient pas envie de faire mes valises pour ce monde.

Pierre-Antoine Laine, ambassadeur CHNGR à l’ÉTS

 

En septembre 2015, je fis la rencontre de Fadjiah, ambassadrice de la première cohorte du projet CHNGR dont elle était venue me parler. Intéressé par ce que j’avais entendu je me lançai dans des recherches sur le sujet.

 

Tiens, il existe une terre florissante où tout le monde est le bienvenu, où les richesses sont partagées, où chacun a son mot à dire s’il le souhaite, où toutes les décisions sont transparentes, etc. bref où il fait bon vivre.

Ce monde de l’économie sociale et solidaire me paraissait tout de même un peu utopique. Une entrevue avec Nicolas, coordinateur du projet, me confirme que ce n’est pas si utopique que ça, pas du tout même, ce système économique est plus que viable, il génère des milliers d’emplois grâce aux entreprises fonctionnant différemment du modèle “traditionnel”.

On y rencontre des agriculteurs urbains, des informaticiens solidaires, des communicants écolos ou des ingénieurs communautaires… Des personnes qui croient que les initiatives collectives ont le potentiel de générer des impacts sociaux profonds et durables.

 

Je demande à Nicolas : “Mais pourquoi je n’étais pas au courant que cet endroit existait”
Il me répondit : “Eh bien, le parcours manque un peu de signalisation… Veux-tu nous aider à guider les étudiants de ton école ?”
J’acceptai.

De la j’embarquai dans le bus CHNGR pour en apprendre un peu plus sur l’économie sociale et solidaire (E.S.S.). Un voyage plus qu’intéressant où je compris et je vis que nous ne sommes pas du tout seuls sur cette route.

 

Avec Fadjiah, au début je nous voyais plus comme des touaregs de l’ESS à l’ÉTS. Car l’école nous paraissait plutôt comme un désert en ESS plutôt qu’une oasis florissante. 

Crédit: Sahara – Rubén Bagüés (Unsplash)

Mais la maxime le dit, les fleurs poussent même dans le désert et avec Fadjiah puis Laure, la seconde année, nous avons pu planter des graines et rencontrer d’autres nomades comme nous, cachés derrière quelques dunes, qui pensaient oeuvrer un peu seuls, mais qui ont pu se sentir soutenu par CHNGR et toutes les personnes qui en font partie.

Avec mon chameau j’ai pu voyager et découvrir l’université Concordia la jungle de l’ESS, HEC la cité que je pensais interdite, mais dont les portes se sont révélées grandes ouvertes, Brébeuf avec sa guide entreprenante, McGill et ces endroits inédits, l’UQAM et son grand continent, Poly qui comme à l’ETS n’est pas si déserte que ça et De Lanaudière un peu loin, mais où les messagers ont su braver vents et marées pour nous rapporter les bonnes nouvelles.

 

 

Crédit: Travel – Alice Donovan Rouse (Unsplash)

Je termine mon bac la session prochaine, j’ai fini ma traversée du désert, mais je garde avec moi tout l’équipement que m’a fourni CHNGR, les conseils de Johanna, les lumières et la volonté d’avancer de mes collègues ambassadeurs, toute une communauté québécoise prête à donner main forte à toute initiative.

J’ai encore de la route à faire pour trouver ce qui va me plaire, mais je ne me perdrais pas car ma boussole CHNGR indiquera toujours le chemin vers une économie plus juste et démocratique.

 

Pierre-Antoine, 20 avril 2017.