1) Créer une équipe avant toute chose …

Créer une équipe avant toute chose …

Au fil des années, nous avons appris l’importance d’avoir une équipe soudée qui avance dans la même direction. Lors de la troisième année, pendant la retraite qui lançait les activités, nous nous sommes dotés de valeurs d’équipe qui ont guidé notre façon de travailler ensemble des prochains mois :  

* Sense of purpose : savoir et se rappeler pour qui et pourquoi on travaille
* Flexibilité dans un contexte d’innovation, d’expérimentation, et du fait que beaucoup de facteurs ne dépendent pas de nous
* Courage de croire en ses idées et de, en quelque sorte, nager à contre-courant
* Respect des individus, de leur personne et de leur contexte
* Entraide, dans un esprit d’équipe et de collaboration, se soutenir les uns les autres dans les difficultés et les succès !

3) Le changement social c’est …

Le changement social c’est …

Lors de notre journée de clôture avec la 3e cohorte, nous avons demandé à l’équipe comment ils percevaient le changement social, voici quelques métaphores (à méditer) qui ont émergé :

● Du point A au point B : le changement social, ce n’est pas un processus linéaire. On prend des détours, mais on continue à avancer là où les portes s’ouvrent. Rester flexible sur le point d’arrivée ! 

● La légende du colibri : chaque colibri porte une goutte d’eau à la fois pour éteindre le feu de la forêt, bien que les autres oiseaux soient déjà résignés à la laisser brûler. Le plus important est de faire sa part en suivant ses convictions propres.

● Le moulin : lorsqu’il y a du vent on peut en profiter pour construire des moulins. Savoir d’adapter à son environnement.

● Créer des ponts.
● 
Réveiller le volcan et initier des éruptions/impacts.
● 
Monter une montagne, en se motivant les uns les autres.
● “Sky is the limit.”

5) Être dans une logique d’expérimentation est essentiel

Être dans une logique d’expérimentation est essentiel

Nous avons rapidement retiré la pression à vouloir atteindre des résultats qui est néfaste pour l’individu, surtout dans un contexte de changement social !

En s’autorisant à essayer sans avoir peur de l’échec, l’équipe a réussi à se libérer de ses peurs et à avoir du plaisir à expérimenter. Ceci nous a permis d’être dans un état d’esprit positif et de s’autoriser à prendre de plus grands “risques”.

7) La place des jeunes dans la conception de l’éducation

La place des jeunes dans la conception de l’éducation

Les ambassadeurs ont fait valoir leurs intérêts d’apprentissages auprès des professeurs, des centres d’entrepreneuriat, des services de gestions de carrières et d’autres départements d’institutions : des acteurs de changement qui agissent et qui, comme eux, partagent des valeurs fortes.

L’exemple du MBA à HEC nous l’a appris : il faut d’abord réussir à démontrer l’intérêt des étudiants à en apprendre plus sur l’économie sociale auprès de l’administration (vote en assemblée générale) avant de pouvoir aller plus loin. Il faut par la suite trouver des alliés (tels professeurs, membres du personnel, regroupements d’étudiants) pour appuyer l’initiative qui peut être remise en question à chaque nouvelle cohorte d’étudiants.

C’est en continuant de créer l’engouement qu’il y aura une appropriation institutionnelle. Il faut recréer le fameux mouvement bottom-up que nous avons observé avec la création de SHIFT à Concordia. Il est d’ailleurs déterminant d’avoir des personnes ouvertes et réceptives au sein de l’administration.

Laisser les étudiant.e.s s’exprimer est essentiel pour le futur de l’éducation. Pour cela, il faudra savoir faire preuve d’ouverture et de confiance à l’égard des jeunes.

9) Trop de freins pour un changement institutionnel ?

Trop de freins pour un changement institutionnel ?

Beaucoup de personnes travaillant dans les institutions d’enseignement tentent également de faire évoluer l’éducation.

Ces acteurs de changement font souvent face à un épuisement professionnel pour plusieurs raisons :
● masse critique : ils ne sont pas suffisamment nombreux ou en réseaux pour pouvoir s’entraider et se soutenir
● capacité personnelle : ancrage, courage, détermination, affirmation. Lorsqu’on nage à contrecourant, on déploie beaucoup d’énergie
● structure rigide : les procédures et les lourdeurs administratives favorisent l’abandon de projets innovants (comme le Défi Curriculum)

La mise en réseau est, pour le moment, la stratégie priorisée par la majorité des acteurs de changement. Cette stratégie est également adoptée par SHIFT.

2) ... Une équipe qui collabore et s’auto-gère ?

.. Une équipe qui collabore et s’auto-gère ?

Les circonstances (budget, équipe opérationnelle) ont fait en sorte que nous ne pouvions plus effectuer autant de suivis et de coachings personnalisés avec les étudiant.e.s de la cohorte (comparativement aux années précédentes).

* Soit dit en passant, le coaching est essentiel et il y existe plusieurs façons de faire (voir section “Réitérer CHNGR”)

Nous nous sommes naturellement tournés vers un objectif d’auto-gestion de la cohorte. Cependant, nous avons observé que le rôle de leader-coordonnateur restait essentiel dans notre contexte et qu’aucun étudiant de la cohorte ne pouvait endosser cedit rôle sans avoir un statut d’employé et un salaire, étant donné la charge de travail requise.  

Les 7 principes de l’auto-gestion selon Percolab
1) Autonomie
2) Transparence
3) Responsabilités partagées
4) Intention
5) Prise de décision
6) Résolution de conflits
7) Apprentissages

4) On a vécu la théorie du changement

On a vécu la théorie du changement

A posteriori, nous pouvons dire que nous avons vécu la théorie du changement que nous simplifions par ces quatre étapes (sans avoir réussi à se rendre complètement à l’étape #4) :

  1. Bâtir des relations de confiance basées sur le partage des ressentis, de vécu personnel et de confidences pour développer une ouverture affective.
  2. Réfléchir ensemble : maintenant qu’on se connaît, que sommes-nous capables de faire ensemble ? Qu’avons-nous envie de faire ? Quel mandat peut-on s’approprier ? Quelles ressources et énergies avons-nous ?
  3. Passer à l’action : dans une logique d’expérimentation, de dédramatisation de l’échec et d’apprentissages par l’expérience (itérations).
  4. Créer : les projets créent des précédents et des nouveaux modèles émergents qui deviendront légitimes au fil du temps.

6) Promotion → Éducation → Exposition

Promotion → Éducation → Exposition

Nous avons commencé CHNGR avec l’intention de “promouvoir l’économie sociale”. Nous nous sommes vite rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’un problème de notoriété, mais d’éducation puisque la majorité des étudiant.e.s n’avaient jamais entendu parler d’entreprises collectives.

Adopter la posture d’éducateur était cependant délicate pour les ambassadeurs pour plusieurs raisons :

1) légitimité de l’individu : personne dans la cohorte, ou presque, n’avait travaillé en entreprise collective. Ils avaient donc une expérience et une connaissance limitées du sujet malgré la formation reçue, les nombreuses rencontres avec les praticiens et les visites d’entreprises (plusieurs stratégies pourraient être développées à cet égard).

2) on ne peut pas apprendre à quelqu’un qui n’est pas dans une posture d’apprentissage (qui souhaite apprendre sur un sujet donné).

C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers une logique et un objectif d’exposition. La nuance peut paraître superficielle ou sémantique, mais elle est en soit essentielle. Exposer quelqu’un à une information, c’est aussi laisser la liberté à l’individu de recevoir ou de laisser l’information. Car nous ne sommes pas responsables de ce choix individuel et de la réception de l’information. Notre mandat s’arrête à donner accès à celle-ci de la meilleure manière possible.

* À cet effet, l’appellation “ambassadeur” a été remise en question à la fin de la deuxième année. Faute de trouver mieux, nous l’avons conservée pour la 3e année, mais nous suggérons fortement de penser un autre terme.

8) Savoir répondre aux besoins exprimés des jeunes

Savoir répondre aux besoins exprimés des jeunes

District 3 (avec son volet entrepreneuriat social et collectif) et d’autres organisations comme l’Esplanade ou l’INM l’ont compris, il est important de prendre en considération les aspirations des jeunes à avoir un impact social, environnemental et économique positif et à devenir vecteur de changement. Il est aussi important de les accompagner dans ce processus.

La compétition internationale du Skoll Center : Map the System offre à cet égard une belle porte d’entrée et une opportunité d’apprentissage expérientielle très intéressante. Les étudiant.e.s sont invité.e.s à explorer en profondeur une problématique locale avant de trouver une solution, pour aller chercher la racine du problème et y réfléchir, au lieu de tout de suite vouloir trouver des solutions (habitude généralisée dans notre société).

Ce qui est intéressant avec les compétitions académiques, c’est de les rendre accessibles à la majorité des étudiant.e.s en créditant l’expérience vécue.

10) Faudra-t-il aussi sensibiliser les professeurs ?

Faudra-t-il aussi sensibiliser les professeurs ?

Différentes avenues sont envisageables :

● Dans quelle mesure les professeurs sont-ils ouverts à en apprendre davantage sur l’économie sociale pour pouvoir l’intégrer dans leurs cours ?

● Faut-il embaucher de nouveaux professeurs-praticiens de l’économie sociale pour créer des cours spécifiques à ce sujet, bien qu’il s’agisse d’une matière transversale ?

● Comment créer de nouveaux cours (basés sur la consultation et la collaboration) lorsque le processus d’implantation est aussi lent, long et du ressort de plusieurs instances ?